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Le secteur hôtelier et les investissements étrangers revitalisent l’économie espagnole
agosto 1, 2016 - Legal - Mercantil

Le récent achat de l’Hôtel Pullman Barcelona par un fonds d’investissement luxembourgeois pour 90 millions d’euros s’inscrit dans la tendance lente mais certaine de sortie de crise pour l’Espagne, huit ans après son commencement.

Pour Jorge Ruiz, directeur du CBRE Hôtel España, qui a conseillé le groupe propriétaire de l’établissement hôtelier dans cette transaction, cette vente « démontre l’appétit des investisseurs internationaux pour le secteur hôtelier à Barcelone ». Cet appétit s’est manifesté notamment par une conséquente hausse des investissements en 2015 de plus de 95% par rapport à l’année précédente.

Au-delà du secteur hôtelier, qui a toujours été un domaine-clé de l’économie espagnole, c’est le milieu immobilier en général qui a subi, ces derniers mois, une transformation drastique en matière d’investissements étrangers.

En termes de répartition et hiérarchisation des investissements du secteur immobilier, c’est sans surprise que Madrid et Barcelone apparaissent en tête de file des aires d’investissements les plus convoitées, et les bureaux de ces deux villes sont les cibles privilégiées des investisseurs nationaux comme internationaux. En seconde position, les actifs dits « logistiques » suivent les bureaux madrilènes et barcelonais de près. Viennent ensuite successivement les centres commerciaux, les locaux commerciaux, les hôtels, les logements et les biens résidentiels espagnols, en fin de liste.

Dans cette même logique, le boost actuel de l’économie espagnole, selon les mots de Luis de Carlos (Associé Directeur du Cabinet Uría Menéndez) est « dû aux secteurs d’exportation, du tourisme et de l’immobilier ». Federico Linares (Associé Directeur d’EY Abogados) va dans le même sens que son confrère en affirmant que « le tourisme, les services, la construction et l’immobilier sont les secteurs qui soutiennent l’amélioration économique du pays. »

Cependant, comme le souligne le Président exécutif de Cuatrecasas, Rafael Fontana, il faut nuancer cette vision très optimiste ; tant que le climat politique ne sera pas parfaitement stabilisé, le marché espagnol ne sera pas totalement prêt à accueillir l’investissement international. Aujourd’hui, pour que l’Espagne tire son épingle du jeu et que les investisseurs étrangers s’établissent de manière durable et généralisée dans la péninsule, il s’agit pour le pays de s’attaquer aux 4 freins principaux que sont (i) l’instabilité politique (tant interne, au niveau gouvernemental, qu’externe du fait du Brexit), (ii) la rareté des produits et des biens susceptibles d’investissements, et (iii) les politiques de prix trop élevés. En parallèle, (iv) l’absence d’une régulation claire et de transparence dans les processus de gestion des investissements constitue aussi un obstacle à la démultiplication des investissements étrangers dans la péninsule.

Les efforts devraient se concentrer, dans les prochains mois, dans d’autres domaines que l’immobilier, tels que le secteur énergétique, les infrastructures, et dans des niches de marché plus spécifiques comme celles des nouvelles technologies, internet, la distribution et la santé pour que l’Espagne intensifie l’impulsion et l’élan économiques donnés par le secteur hôtelier.


© Martínez Comín